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Page 1 sur 8 Retour sur le 8e du nom ...
LPPFNDM
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TIRE-PORTRAIT |
Yaouank 8ème, roi des noz, moins dépensier que son prédécesseur mais toujours aussi festif.
Le Yaouank nouveau est arrivé... La cuvée 2006 a contrasté les avis, tout en contentant tout le monde. Sur les 5000 spectateurs et danseurs certains n'ont pas accroché à la musicalité jazzy de Kejaj et ont apprécié les groupes qui "balancent" comme le duo explosif Jean-Charles Guichen / Sylvain Barou, d'autres au contraire se sont lassés de certains morceaux "réchauffés" et se sont délectés des nouvelles créations. Faire un Yaouank 2006 aussi bien que le Yaouank 2005 avec un budget drastiquement aminci était un pari risqué. Fini les écrans géants, fini la captation vidéo de TV Rennes, fini le grand bar VIP dans le Hall 5. Mais cette année, les jeunes groupes avaient une place d'honneur : Startijenn, IMG, Hiks, sans compter Plantec et Kendirvi déjà présents il y a deux ans. |  | Samedi 18, fin d'après midi. Il pleut encore mais il fait plus chaud que l'an dernier à la même époque. Les stands finissent de se mettre en place et les premiers spectateurs prennent leurs billets. La configuration a légèrement changé, on rentre du coté du distributeur de billet et on passe devant le vestiaire et le stand Tamm-Kreiz avant de rentrer dans la salle. 18 heures, levé de rideaux, applaudissements, une charmante blonde apparait sous les projecteurs, la folle nuit commence. |  | 
"Yaouank est une belle scène, il y a une bonne ambiance et beaucoup d'échange avec le public." Après l'Olympia le 12 novembre, Nolwenn Korbell a charmé le public du Musik Hall. Tantôt douce et tantôt rageuse elle emmène les spectateurs dans son monde aux sonorités de Marimba, un instrument sud américain, une sorte de xylophone à lames de bois. En voyant son spectacle on a du mal a croire qu'elle a le trac avant de chanter : "il y a un pas a franchir en rentrant sur scène." Cela ne l'empêche pas de courir et sauter partout, de se tordre en balançant sa chevelure ondulée, en chantant ou en criant. Son appréhension de la scène vient sans doute du fait qu'elle s'est posé beaucoup de questions avant de se lancer dans l'aventure artistique : "lorsque l'on parle de chants bretons on pense d'abord au fest-noz, aux chants traditionnels. J'ai mis du temps avant d'oser franchir le pas du concert et de chanter mes propres compositions. J'avais peur d'être rejetée et de ne pas plaire." Qu'elle soit rassurée, sa présence pour la deuxième fois au festival Yaouank montre bien qu'il y a une place pour les compositeurs bretonants. Aujourd'hui son but est plus large : "Je rêve de toucher davantage de gens, et pas seulement des bretons, de faire entendre la langue bretonne ailleurs en France et à l'étranger." |  |  |  |

| Le public enchanté exprime sa joie, la salle se remplit peu à peu et les groupes s'enchaînent. Après le couple Sylvain Girault et Pierre Guillard suivie de Kendirvi c'est au tour de "Royer !! Seul en scène" de prendre place devant le rideau noir. | 
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| "Je n'ai jamais le trac mais quand je suis monté sur cette grande scène et que j'ai commencé à brancher mes cables de guitare je me suis dit : p***** t'es c**, pourquoi t'as accepté de faire ça !" Comme le nom l'indique Arnaud Royer, guitariste emmerite du groupe Kendon, est seul sur scène avec son instrument... et l'aide l'éléctronique ! Son compagnon s'appelle un loop, un pédalier d'effet qui enregistre et reproduit en boucle ce qu'il joue. Il peut contrôler les passages qu'il veut reproduire et mettre plusieurs couches de son : "Je commence par installer la rythmique et ensuite je joue la ligne mélodique." Il ajoute même parfois des percussions en tapant sur la caisse de sa guitare ou en grattant des cordes étouffées. L'idée de départ vient de sa femme, puis plusieurs musiciens l'ont poussé à continuer. Après une tournée de cafés-concerts Yaouank est le troisième fest-noz en solo : "c'est pas plus stressant que dans un groupe, sauf quand il y a des ennuis techniques ; pendant le dernier morceau de mon passage la pédale de loop a disjoncté et j'ai pas pu faire ce que je voulais. J'ai juste réussi a rattraper le coup pour que les danseurs ne perdent pas le rythme." Malgré le très bon accueil du public Arnaud ne songe pas à faire un album solo : "Il n'y a pas d'interêt a faire des couches de guitare tout seul sur un disque. L'idée de la pédale loop c'est de jouer en direct. Si je dois faire un disque sous mon nom c'est avec l'apport d'autres musiciens." |  | 
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| Pevar Den prend la suite et démarre fort avec son andro fétiche puis suis Arvest, un quatuor que l'on voit trop rarement en dehors du Morbihan. Quand arrive le Bagad Cap Caval la salle est survoltée. Les sonneurs bigoudens se sont associés aux accents Kabyles du chanteur de Taÿfa, Farid Aït Siameur. La salle danse et crie, le Musik Hall a fais le plein, et la chaleur monte. | 
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 "Choisir entre une petite fête locale et un grand festival, c'est un peu comme choisir entre une femme et des maîtresses... les deux sont bien." Le bonhomme au chapeau noir et au gilet de cuir, la moustache et la chevelure grisonnante, grifone quelques chiffres sur un bout de papier, debout, appuyé sur le rebord d'une table. "C'est l'air dont je ne me souviens jamais" indique Eric Marchand, "cela fait des années que je le chante et pas moyen de m'en rappeler !" Les chiffres sur le bout de papier c'est sa partition : "Je ne marque pas les notes, j'indique les intervalles par rapport à ma note de départ, le trois c'est pour la tièrce, le quatre pour la quarte, le cinq pour la quinte, etc. Quand c'est majeur je marque un plus au dessus, et un moins quand c'est mineur." Pour le quinquagénaire les grands festivals n'ont pas plus d'importance que les petits festoù-noz : "Faire danser la totalité des deux cent personnes présents dans une salle c'est bien, en faire danser la moitié de deux mille c'est pas bien." A Yaouank c'est le troisième fest-noz dans lequel Eric Marchand se retrouve au coté d'Eric Menneteau. Le jeune chantou n'en est pas pour autant à son coup d'essai : "J'ai commencé la scène au lycée en 97 en jouant de la flûte et de la bombarde avant de passer au chant." A la question : "Pourquoi en être venu au chant breton ?" il répond, après un moment d'étonnement : "Chanter est venu naturellement ! Le Kan ha Diskan m'as aussi aidé pour apprendre le breton." Participant de la première session de la Kreiz Breizh Academi il continue l'expérience Norkst en parallèle du groupe de musique éthiopienne Badumes Band. C'est avec ce dernier qu'il partira enregistrer en Éthiopie au mois de janvier, pendant une semaine. Il rejoindra là bas le Clarinettiste Aklilu Zewdie et le célèbre chanteur Mahmoud Ahmed. |  |  |

| Les voix des compères se sont tues sous les acclamations des danseurs. (Pendant ce temps les deux Baragouineurs s'excitent, increvables, en animant le LPPFNDM, le plus petit fest-noz du monde : une petite caravane placée près de la restauration extérieure, dans laquelle on rentre trois pas trois... sous l'oeil du méchant videur). Les techniciens s'affairent, le rideau s'ouvre une nouvelle fois. | 
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| "Le fest-noz c'est la transe entre ceux qui font la musique et les danseurs" Pour cette édition le parrain, Hervé Le Lu, était invité à présenter une création exclusive. Le fondateur du groupe Carré Manchot en a profité pour rassembler une bande de copains : "Il y a beaucoup d'amitié dans l'aventure : Kejaj c'est avant tout des amis qui viennent d'horizons musicaux différents du fest-noz. Le but était de se faire plaisir sans copier le son des autres et de respecter au maximum le rythme des danses." Malgré vingt ans de scène le talabardeur n'était pas des plus serein avant de monter sur scène : "Je me suis mis en danger avec Kejaj ; qui voudrait faire une première scéance de répétition sur trois jours seulement, une première balance sans faire un morceau en entier et voir le rideau s'ouvrir devant 3000 personnes pour une première représentation ?" Kejaj rentre directement dans le feu de l'action. L'univers sonore peu habituel de cette formation très jazzy a étonné l'assemblé, certains n'ont pas du tout accrochés parce qu'il s'attendaient à des morceaux plus "pêchu". Hervé Le Lu ne se cache pas d'avoir présenté "une musique et une sonorité qui au départ ne sont pas destinées à la danse et je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'on ait un rappel avec Kejaj ! Cela a été surprenant et très agréable." Le talabarder continue ainsi sa route dans le monde du fest-noz suite à son recent départ du groupe Carré Manchot, après vingt ans de loyaux services. |  | 
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| A 00h40 c'est l'heure des jeunes... ou presque. En dehors de la surprise (Hamon-Martin en quartet sans chanteur) et du fabuleux duo Jean-Charles Guichen à la Guitare (Guichen Quartet, Ar Re Yaouank) et Sylvain Barou à la flûte traversière (David Pasquet Group, Denez Prigent Group, Olli and the Bollywood Orchestra) ce sont quatre groupes de jeunes qui ont clôturé la grande fête. Startijenn, Plantec, IMG et HiKs ont mis le feu à la scène de Yaouank. IMG s'est même offert le luxe d'abreuver de cidre les spectateurs proches de la scène et de balancer des albums, des CD dans des boîtiers... en plastiques durs (aïe). Il est 5h passé, HiKs termine son dernier morceau en compagnie du parrain de la huitième édition de Yaouank. Les cinq musiciens sautent sur des bouteilles de mousseux et arrosent le public. La fête est finie, les traits sont tirés, chacun prend ses affaires, invité par les vigiles à rejoindre la sortie. Glenn Jegou, le programmateur du festival, a déjà arrêté le troisième samedi du mois de novembre 2007 pour un rendez vous princier que l'on espére aussi fastueux. | |  | | 
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mlc |